Au cœur des stades TOP 14
Publié le 31/08/2026
On ne peut pas faire du neuf avec du vieux, dit un ancien et populaire adage. Et pourtant, l’histoire de l’UBB prouve le contraire car elle incarne la réussite de l’entente de deux anciens monuments du rugby français : le Stade Bordelais et le CA Bègles. La fusion date de 2006 et dès le départ la problématique impose de créer une entité nouvelle tout en respectant l’héritage. Quel maillot ? Quel logo ? Quel nom et surtout quel stade ? L’USBCABBG commence par devenir l’Union Bordeaux-Bègles, se dote d’un maillot grenat et compose un blason symbole de cohésion. Pour le lieu des matchs en revanche, la proposition de disputer 7 rencontres à Sainte-Germaine et 7 à André-Moga étant rejetée c’est le dernier cité qui l’emporte. Situé dans le quartier du Musard, le complexe a abrité durant toute son histoire les exploits des Damiers. Champions en 1969 et 1991, les Béglais occupaient ce terrain depuis les années 20. Deux tribunes s’y faisaient face pour un total de 3 370 sièges qui fut porté à près de 5 500 via l’ajout de deux gradins modulaires en 2012 et 2015. Baptisée André-Moga, en référence à l’ancien président de Bègles de 1958 à 1992, l’enceinte a droit à un dernier adieu le 9 mai 2015 pour se transformer en centre d’entraînement.

Il faut dire que la popularité des tout jeunes “ententistes” force les dirigeants à trouver plus grand. Stabilisés en TOP 14 depuis 2011, les Bordelo-Béglais s’installent à présent dans l’emblématique stade Chaban-Delmas. Résidence officielle des Girondins de Bordeaux durant de longues années, les footballeurs au scapulaire commencent par partager leur ancienne maison avec les rugbymen. Un partage qui fait le bonheur des amoureux de rugby et des fans, de plus en plus nombreux, de l’UBB. Désormais l’Union croît sur la pelouse d’un monument historique qui a pris ses racines sur un terrain viticole à partir de 1912. Un Parc des Sports, regroupant toutes les disciplines dont le vélo et l’athlétisme, est bâti en 1924 avant de grands travaux de modernisation en 1933.

Sous le crayon et l’imaginaire de l’architecte Raoul Jourde, l’ensemble va devenir l’un des emblèmes de la ville. Le complexe va allier modernité, style et prouesse technique. Bordeaux veut son stade et il le veut tout aussi prodigieux que ceux qui sont en train d’être inaugurés partout dans le pays dans l’optique d’accueillir la Coupe du monde de football 1938. Après Toulouse et son Stadium, Lyon et le stade Gerland ou le Parc des Princes à Paris, voici le Parc Lescure de Bordeaux. Le prodigieux stade, qui a la particularité d’avoir des tribunes couvertes sans piliers (une prouesse technique pour l’époque), est inauguré en 1938 par un Brésil-Tchécoslovaquie. La longue vie de l’arène va ensuite être marquée par deux rénovations en 1986, afin de raser la piste, d'élever les gradins et de porter le tout à 40 000 places. En 1998, une nouvelle réfection est effectuée, puis le nom de Chaban Delmas est adopté en 2001, rendant hommage à l’illustre homme politique français qui fut maire de Bordeaux de 47 à 95.

Dès 2015, l’UBB joue à « Chaban » mais fait quelques crochets dans l’imposant et flambant neuf Matmut Atlantique devenu Stade Atlantique Bordeaux Métropole en 2025. Érigée en 2015, l’arène d’une capacité de 42 115 places est réservée aux grands rendez-vous. Ainsi, l’UBB y a notamment triomphé de Toulouse et Bath, en demie de Champions Cup, lors des éditions 2025 et 2026 avant de conquérir le titre. Ce stade fut aussi le théâtre des demies du TOP 14 en 2015, 2019 et 2024. Années auxquelles on peut ajouter 2027 où se tiendront de nouveau les confrontations du dernier carré les 19 et 20 juin.
