Au cœur des stades TOP 14
Publié le 24/08/2026
À Toulouse, le rugby appartient officieusement au patrimoine immatériel de la ville. Et pourtant, cette tunique rouge et noire, les 25 boucliers de Brennus et le stade Ernest-Wallon sont palpables. Ils constituent la légende du club le plus titré au monde dont l’histoire a d’abord commencé sur les rives de la Garonne avant de s’exporter plus en périphérie de la ville. À sa création, le SOET (Stade olympien des étudiants de Toulouse), qui va devenir le Stade Toulousain dès 1907, s’installe à la Prairie des Filtres. Un endroit bien connu des habitants de la ville rose dont la configuration a bien changé depuis le début du siècle dernier. Ce « coude » de verdure, situé dans le faubourg, pouvait accueillir jusqu’à 5000 supporters mais aussi des moutons, des foires agricoles et même des atterrissages d’avions. La première finale de l’histoire du club y sera jouée en 1903, mais les dirigeants cherchent à obtenir leur propre terrain.

En 1906, 7 hectares sont achetés par les « Amis du Stade », une société fondée par un professeur de droit nommé Ernest Wallon. Direction le quartier des Ponts-Jumeaux d’où trois terrains sortent de terre composant un complexe d’une grande modernité pour l’époque, le tout desservi par le tramway. En parallèle, le Stade Toulousain commence à bâtir sa légende et dès 1909, la finale du championnat de France s’y déroule devant près de 15 000 spectateurs, un record d’affluence pour l’époque. En suivant, ce sont 15 finales qui vont y avoir lieu de 1912 à 1950 sur une aire déjà baptisée « Ernest-Wallon » depuis 1921, date du décès de ce père fondateur.

L’après seconde guerre mondiale est plus délicat pour les Rouge et Noir. Certes, ils remportent le bouclier de 1947 mais va s’en suivre une traversée du désert. Un désert long de 38 années durant lequel le Stade Toulousain va même se retrouver exproprié, en raison d’un projet d’autoroute. Anticipant la décision, le club parvient à racheter, à un peu plus d’un kilomètre de son ancien stade, un espace qui sera celui utilisé et connu actuellement. Aux Sept-Deniers, en périphérie, l’ensemble inauguré en 1980 sera la page blanche du renouveau. 12 000 places avec deux gradins se faisant face, ainsi qu’une balustrade accueillant les coudes des plus fervents, forment la base du stade actuel.

En 1999 des travaux sont lancés et dès 2003, Ernest-Wallon acquiert sa configuration actuelle. Deux nouveaux gradins et la fermeture progressive de l’ensemble avant le passage à une pelouse hybride permettent à Toulouse de disposer d’une des arènes les plus confortables et hi-tech du championnat atteignant les 19 000 places. Un écrin à l’image du Stade Toulousain qui a toujours su allier à la perfection tradition et modernité.