Au cœur des stades TOP 14
Publié le 16/08/2026
En cette après-midi de l’année 1883, les étudiants attablés à la terrasse du café Procope étaient loin de se douter qu’une simple discussion allait aboutir, 143 ans plus tard, à l’un des plus beaux palmarès du rugby. Le Stade Français c’est 14 boucliers de Brennus, une révolution de sa discipline à coup de maillots roses et de spectaculaires délocalisations mais c’est également un terrain : Jean-Bouin. Un rectangle vert qui a poussé en 1928, à l’ombre du mythique Parc des Princes au beau milieu du 16e arrondissement. À peine émergé, le nom du célèbre coureur, multiple recordman du monde, tombé durant la Première Guerre mondiale, lui est donné.

Comme depuis sa création, l’arène est multisport offrant la possibilité à toutes les disciplines de s’exprimer. Football, athlétisme et surtout rugby viennent labourer la pelouse ou esquinter le tartan de la piste. Toutefois, le complexe semble avoir un léger penchant pour les rebonds du ballon ovale au point d’en devenir le centre névralgique dans les années. Stade Français et Racing Club France se partagent, quelques fois, l’affiche avant de voir les « Parisiens » se déplacer à la Faisanderie et les Ciel et Blanc préférer Colombes. Délaissé, Jean-Bouin tombe un peu en désuétude au profit de son illustre voisin, le « Parc ». Le stade rouvre néanmoins après deux campagnes de travaux dans les années 70 puis en 1982.

10 ans après cette réfection, Jean-Bouin et le rugby parisien vont connaitre un tournant. C’est l’arrivée aux commandes du Stade Français, bientôt fusionné avec le CASG, de Max Guazzini. L’illustre dirigeant, redonne vie au rugby à Paris ainsi qu’à son enceinte qui sert d’abord de lieu au Challenge Jean-Bouin. Une petite finale du championnat de France qui se déroule jusqu’en 1994 permet de jauger le potentiel du lieu. Les grandes délocalisations au Stade de France ou au Parc des Princes ainsi que les nombreux succès n’effacent pas l’attachement des Soldats Roses à leur stade.

Après une première réfection des vestiaires, de la lumière, du son et des tribunes vient l’heure du grand changement. Un projet porté avec brio par les dirigeants parisiens aboutissant à la rénovation de 2013. Un stade moderne, fermé, doté de 19 607 places et respectueux de l’environnement vient de jaillir. Méconnaissable, Jean-Bouin change de visage mais a conservé son âme et son cœur, celui qui fait battre Paris au rythme des matchs de rugby.
