Au cœur des stades TOP 14
Publié le 04/08/2026
Comme pour son club résident, le stade de la Rabine s’est forgé une réputation en quelques années. Il a surgi dans le paysage du rugby français pour y agripper une place de choix parmi les arènes préférées. À la fois atypique et emblématique, l’enceinte est désormais indissociable de l’odyssée qui a mené le RC Vannes à devenir la première équipe bretonne à connaitre l’élite. Auparavant, les Vannetais ont occupé le stade Saint-Guen qui deviendra Jo-Courtel dans les années 80. Une aire de jeu parfaite pour une entité qui était encore loin de se douter qu’elle allait devenir le phare du rugby breton.

La Rabine, les joueurs de Vannes l’apercevaient de loin quand ses projecteurs étaient encore braqués sur les voisins du football. Toutefois, le stade n’avait pas encore sa forme actuelle s’apparentant plutôt à un vélodrome, érigé dans les années 20, qui a connu deux grandes campagnes de travaux avant d’être rasé complètement en 2000. La Bretagne, cette terre de vélo et de ballon rond, en profite alors pour donner sa chance au rugby et dans le tout nouveau « La Rabine », le RCV affronte Nantes lors d’un match de Fédérale 2, le 27 avril 2002.
À cette époque, le cadre est quasiment le même. Le stade se situe toujours au cœur de ville, à proximité du port, et est entrelacé par les monuments dont on voit les toits passer la tête par-dessus les tribunes. Tout un décor et des locaux curieux intrigués par la pratique de ce sport pourtant si prisé par les cousins des nations celtes. L’anomalie va être corrigée en parallèle de la montée en puissance du RCV qui en fait sa maison en 2016. Installé en PRO D2, Vannes intrigue d’abord puis attire ensuite obligeant la capacité à être améliorée pour atteindre les 11 865 spectateurs, après les extensions des tribunes Nord (Lucien-Jaffré) et Est (École de musique).
Stade « à l’anglaise » disent certains mais plutôt à la « celtique » dans les faits, avec son atmosphère si particulière. Un peu d’Écosse à l’entrée des joueurs au son de la cornemuse et des tambours, une pointe galloise lors du « Bro gozh ma zadou », hymne rappelant le « Land of my fathers » des Dragons Rouges, et enfin la touche irlandaise avec le fighting spirit s’accompagnant d’un respect religieux du buteur. Ces rites, ce silence de cathédrale au moment des tentatives et la ferveur lors du succès permettent, sans aucun doute, de faire entrer La Rabine au rang des « nouveaux » temples du rugby.