Au cœur des stades TOP 14
Publié le 23/07/2026
Tout le monde n’a pas la chance d’évoluer ou de s’entrainer à l’ombre d’un monument historique. C’est pourtant le quotidien du LOU depuis 2017 qui, après avoir connu des déménagements, a fini par planter ses crocs dans la pelouse de Gerland. Mais avant de remplacer l’Olympique Lyonnais, en tant que résident de ce stade classé au patrimoine national, l’un des plus vieux clubs de France fait ses débuts du côté de Villeurbanne. En banlieue de la cité des Gaules, les pionniers du rugby lyonnais occupent le stade des Iris. Un complexe moderne équipé de gradins qui sera notamment le théâtre de deux saisons fantastiques lorsque les boucliers de Brennus 1932 et 1933 sont remportés.

Au retour de la guerre, la meute peine à retrouver sa splendeur. Les résultats sont en dents de scie dans une ville où la concurrence avec le football, afin d’attirer les plus jeunes, est acharnée. Le LOU poursuit sa route, du moins emprunte celle du stade Vuillermet. Bâti en 1900, et ayant déjà connu des rencontres de rugby, l’édifice pouvait accueillir jusqu’à 5000 personnes. Un ensemble simple, « old school » avec ses piliers placés au cœur de la tribune et sa main courante garnie les jours de match. Petit cocon qui va héberger les Lyonnais durant 60 années.

Solidement installé en deuxième division à l’orée des années 2000, le LOU montre les dents et a faim. Il faudra alors une dizaine d'années pour voir la deuxième plus grande ville de France retrouver l’élite. Cette montée en puissance s’accompagne d’un changement de stade avec la réalisation d’un projet à la hauteur des ambitions lyonnaises : le Matmut Stadium. Véritable prouesse technique, le stade modulable sort de terre en quelques mois, offrant un cadre inédit ainsi qu’une capacité de 11 805 places. En apposant son nom à celui du célèbre assureur, c’est également le premier cas de naming de l’histoire du rugby français. Lyon y est bien, remporte trois boucliers de PRO D2, mais l’attraction du TOP 14 et du stade Gerland vont agir comme des aimants.

Dès 1957 le stade Gerland a noué un lien particulier avec le rugby. En accueillant la finale du championnat de France, pour la première fois, les hauts poteaux viennent se planter et seront réinstallés à plusieurs reprises. Le LOU s’y sent bien et tente des délocalisations en 2010 qui seront de francs succès contre Grenoble et Oyonnax notamment. Toulouse, Castres et Paris seront également conviés à voir ce que cela pourrait donner si les Lyonnais venaient à s’y installer. Le départ de L’OL précipite l’arrivée des Rouge et Noir en 2017. L’arène est reconfigurée, un centre d’entraiment, une boutique, une brasserie et même un hôtel sont ajoutés, mais le charme est conservé. Celui d’un stade qui a jailli du trait d’un des plus grands architectes français : Tony Garnier. Grandes arcades, portiques imposants, lignes aux courbes affirmées… Gerland est inspiré de la culture antique, des cirques romains que son concepteur a pu observer lors de son long séjour à Rome. D’une inspiration puisée dans la ville éternelle, Tony Garnier a fait naitre un monument historique. Un stade où après les grandes heures du football, le rugby est venu ajouter quelques lignes à la mythologie.