FOCUS International
Publié le 10/07/2026
Lors d’une première sélection, l’important est de savoir gérer les émotions et de trouver ses repères. En ce qui concerne Moses Alo-Emile il sera probablement plus facile de prendre ses marques que de retenir une ou des larmes durant les hymnes. Sur la pelouse du Suncorp Stadium, le pilier du Stade Français aurait très bien pu chanter l'Advance Australia Fair mais il a préféré la Marseillaise. Né à Brisbane il y a 26 ans, le colosse d’1m87 pour 130 kg n’a pas hésité à évoquer « une sensation bizarre » devant la presse, lui qui a grandi dans cette ville et porté les couleurs de la prestigieuse « High School ». Un lycée, devenu le camp de base des Bleus, qu’il a pu retrouver mais cette fois-ci avec l’uniforme des Tricolores. « Aujourd’hui je me sens plus Français qu’Australien », a-t-il lâché sans l’ombre d’un doute, à l’image de ses compères Emmanuel Meafou et Tom Staniforth qui ont suivi la même trajectoire. 
Une expatriation à 15 000 km de leur pays natal pour tenter de saisir l’opportunité qui était offerte par les clubs de TOP 14. À Paris, le pilier a rejoint Paul, son frère, qui avait glissé le CV de Moses sur le bureau des recruteurs en quête d’un droitier pour tenir la mêlée. Dans la capitale, le nouvel arrivant fait face au challenge de l’adaptation et pas uniquement celui de la culture ou de la langue. En effet, en pénurie de pilier gauche, le staff des Soldats Roses lui demande de changer de poste. Sans réfléchir et avec la volonté farouche de s’imposer Moses troque le numéro 3 pour le 1 et va alors mettre tout le monde d’accord. 140 matchs plus tard, il est devenu l’une des pierres angulaires d’un des meilleurs packs de France. De quoi taper dans l’œil de Fabien Galthié qui a décidé de le lancer face aux Wallabies. Amateur de poulet frit et de break dance, comme le révélait son frère Paul dans une interview hilarante, peut-être que Moses décidera de fêter cette grande première avec un gros bucket et une petite danse de la victoire.