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Penaud, jamais facile de se faire un prénom Penaud, jamais facile de se faire un prénom

Penaud, jamais facile de se faire un prénom

Publié le 19/10/2026

Avant de devenir le meilleur marqueur de l’histoire des Bleus, Damian a dû lutter et faire ses preuves afin de se dissiper de l’imposant héritage d’Alain, son père, afin de se faire un prénom.  

 

 

Le rugby est une affaire de famille dans laquelle le défi est de se faire un prénom. « Moi je m’appelle Damian », avait lancé le fils d’Alain Penaud au tout de début de sa carrière. Encore sous le maillot de l’ASM, le jeune prodige était loin de se douter qu’un jour il parviendrait à égaler voir dépasser l’héritage paternel. Et pourtant, à 29 ans l’ailier international (60 sélections) est devenu le meilleur marqueur de l’histoire des Bleus, a remporté le Brennus, deux coupes d’Europe et un 6 Nations. Un sacré palmarès pour celui dont le père s’est évertué à lui inculquer une seule chose : « ma première fierté c’est qu’il soit devenu quelqu’un de bien », commentait un papa forcément admiratif. Le legs moral transmis avec succès, tout comme des qualités athlétiques hors normes que Damian a mis du temps à véritablement exploiter.

 

 

Un héritage lourd à porter

 

En effet, ses 1m92 pour 95 kg n’ont bien failli jamais être mis au service du rugby. Plus jeune, le futur champion préfère le ballon rond et le maillot de l’Etoile briviste football semble bien moins lourd à porter que celui du CAB. Premier crochet nécessaire au foot avant un retour à la balle ovale. D’abord à Malemort puis de nouveau à Brive mais l’ombre du père est alors encore trop importante tant Alain est membre évident du « hall of fame » corrézien. Du haut de ses 263 matchs en noir et blanc, l’ancien ouvreur international (32 sélections) fut même le capitaine de l’épopée européenne de 1997 et l’artisan de la remontée en 2003. A la fois demi-dieu du Stadium de Brive et demi d’ouverture, le père est un joueur atypique au tempérament affirmé capable de donner le tempo mais surtout d’attaquer la ligne. Ses attitudes ne trompent pas et si vous voulez savoir d’où vient la vélocité et la puissance de Damian il suffit de regarder l’essai marqué par son père, en soliste, contre l’Afrique du Sud en 1992 avec les Bleus.

 

 

4 juin 2017, quand Damian s'est fait un prénom 

 

Une course chaloupée conséquence d’une décision prise à l’instinct, sans forcément réciter la tactique qui avait été décidée à l’avance. Ce type d’action étant la signature des très grands joueurs et exige un talent quasi-inné qui a finalement tapé dans l’œil des recruteurs clermontois. Les Anglais appellent ce type de joueur « un game changer » et les deux Penaud ont appartenu et appartiennent à cette caste. Damian y ayant confirmé son entrée lors de la finale du TOP 14 2017. Ce jour-là, à seulement 21 ans, il mystifie la défense toulonnaise pour servir Raka, auteur du seul essai de la victoire du deuxième bouclier Arvene. L’acte de naissance rugbystique de « Damian », devant un papa admiratif dont le silence et le regard suffisent à décrire l’admiration pour un fils qui vient de se faire un prénom.