Au cœur des stades TOP 14
Publié le 11/08/2026
Comme pour beaucoup d’équipes apparues au début du siècle, c’est d’un champ ou d’une prairie que le rugby a fleuri. À Pau, la toute jeune Section débute son histoire en bordure du gave. Un terrain champêtre sans trop de pâquerettes ou de fleurs de pissenlits mais plutôt un sol meuble, sableux, tassé par les sabots des chevaux, appelé le Champ Bourda. Site fondateur pour des Vert et Blanc, qui vont tâcher leurs premiers maillots sur cet espace prisé des élites britanniques qui l’ont fait édifier afin d’y jouer au polo. Entretenu à l’engrais naturel, le rectangle vert accueille également football, athlétisme et barrette (sorte de soule ancêtre du rugby). Deux tribunes offrant une capacité de 5000 places, construites par le 18e régiment d’infanterie, encadrent ce tableau qui dépeint la genèse du rugby palois. Les balbutiements deviennent toutefois aboutissement quand en 1910, la Section Paloise pose ses valises au Stade de la Croix du Prince.

On n’oublie jamais son premier amour, et celui entre les Palois et le stade de la Croix du Prince a duré 80 ans. Des noces de chêne, qui ont été célébrées par un dernier succès contre Toulon en octobre 1990. La fin d’une odyssée ayant profondément marqué joueurs, supporters et dirigeants, émus par le point final du dernier chapitre d’une aventure émotionnelle et sensorielle. « Le vieux stade, au nom merveilleux de la Croix du Prince est un des plus beaux de France. Tout en bois, l’herbe grasse, le vestiaire soigné, il accueille un public chauvin mais respectueux », décrivait en son temps le troisième ligne international François Moncla.
Ce vaisseau de bois pouvant accueillir jusqu’à 16 000 personnes est le témoin des grands succès palois mais aussi de matchs des All Blacks, de la France ou de l’Australie. Trois boucliers de Brennus 1928, 1946 et 1964 portant tous la marque d’Albert Cazenave qui le brandira comme joueur, entraineur puis dirigeant. C’est cet illustre personnage du rugby à Pau qui entreprend d’ailleurs les travaux de réfection en 1952 et donnera son nom à l’arène à partir de 1982. Malgré quelques peaufinages ponctuels, l’ensemble vieillit et force la Section à quitter son temple historique pour le stade du Hameau. Toutefois la magie opère toujours notamment lors des matchs des équipes de jeunes qui font, par leur fougue, revivre de temps à autre la magie du stade de La Croix du Prince.
Sous ses aspects ultra modernes, le Stade du Hameau existe pourtant depuis bien longtemps. On a l’impression, pour les plus jeunes, que la Section y joue depuis toujours mais en réalité l’arène a eu une vie avant le rugby. En 1948, ce terrain marécageux et excentré voit sortir des roseaux un complexe flambant neuf. L’exploit est à mettre au crédit des militaires qui en sont les propriétaires et porteurs du projet. D’ailleurs l’inauguration se fait à coups de démonstrations de sauts en parachute et d’un meeting d’athlétisme. Dès les années 50, il porte le nom de son créateur le Colonel de Fornel accueillant de grands événements avant de perdre une popularité retrouvée dans les années 80 grâce au rugby à XIII.

Ce souffle nouveau laisse penser que la Section Paloise doit reprendre le flambeau et après plusieurs saisons d’occupation vient la période des grands travaux. 2017 marque le renouveau du Hameau qui est désormais capable les 18 324 spectateurs, d’offrir loges, réceptifs, brasserie et de couper l’impact du vent grâce à un ingénieux système architectural. Les chanceux de la tribune Pyrénées-Gascogne ont même droit à une vue sur les montagnes. C’est ce décor qui sert de page blanche à la nouvelle aventure des Béarnais qui sont revenus en phase finale, la saison passée, 26 ans après.