Au cœur des stades TOP 14
Publié le 07/08/2026
« The show must go on ». Le célèbre tube chanté par le groupe Queen aurait très bien pu être la devise du Racing 92 et même y être joué en concert dans l’un des deux stades occupés par les Franciliens. Tout au long de son histoire l’un des plus vieux clubs de France, le premier à avoir été champion en 1892, a toujours résidé dans des arènes qu’il a enflammées ou partagées lors d’événements artistiques et sportifs à dimension internationale. En 1907, le « Racing Club de France » quitte Paris pour Colombes et son stade du Matin. Un complexe d’une grande modernité, en ce début de siècle, aux allures de temple dédié au sport que l’on peut considérer aujourd’hui comme le « grand-père » du Stade de France. Matchs des Bleus, meetings d’athlétisme et deux consécrations avec la tenue des Jeux Olympiques de 1924 puis de la Coupe du Monde de football en 1938. Au beau milieu de cette faste période, un événement tragique se transforme en hommage. Yves du Manoir, brillant demi d’ouverture des Racingmen et de la sélection nationale (il est considéré comme l’une des premières stars du XV de France), décède à la suite d’un crash d’avion.

Le stade et un challenge, longtemps resté mythique, sont ainsi associés à son nom pour toujours en 1928. Capable d’atteindre la capacité de 60 000 personnes, selon les configurations, le complexe rayonne mais pas assez pour concurrencer le Parc des Princes qui va progressivement le mettre sur le banc à partir de 1972. Moins utilisé, perdant de sa superbe, il se vide et devient de plus en plus vétuste au fil des années avant d’être rasé en partie dans les années 90. Un dernier titre pour le Racing version « show biz » avant de lentement connaitre un déclassement. Toutefois, les Ciel et Blanc renaissent et leur stade aussi à l’aube des années 2000. Le titre de PRO D2 et la remontée de 2009 font renaitre le « Du Manoir » de ses cendres. Une nouvelle tribune est érigée le temps de voir sortir de terre un projet faramineux.

22 décembre 2017. Au terme des 80 minutes, le Racing 92 s’impose face à Toulouse et inaugure de la meilleure des manières sa toute nouvelle maison. On parle ce jour-là de salle comble et non de gradins pleins à craquer car La Paris La Défense Arena est plus qu’un simple stade. C’est une première dans l’histoire du rugby, car si certaines arènes se sont parées d’un toit, celui de ce terrain ne se rétracte jamais et les joueurs évoluent dans une salle futuriste et modulable. 15 289 personnes peuvent y être rassemblées en mode match et 45 000 lors de concerts, comme celui des Rolling Stones venus « couper le ruban » quelques mois avant. Transformée en complexe aquatique lors des JO, en terrain de motocross ou en terrain de tennis, cette salle n’a pas de limite, à l’image de sa structure faite de 3500 tonnes d’acier ou de son écran géant de 1400 m². Un écrin que les Racingmen vont toutefois quitter en 2027 pour une bonne raison : retourner « à la maison » à Yves-Du-Manoir, là où tout a commencé.