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Castres Olympique, 120 ans d'histoire et de passion

Castres Olympique, 120 ans d'histoire et de passion

Publié le 24/02/2026

Ce samedi, le Castres Olympique va fêter un grand évènement et pas n’importe lequel. Le vendredi 20 février dernier, le CO a fêté ses 120 ans et face au Stade Rochelais ce samedi, cela sera l’occasion de célébrer cela.
 

1906, le point de départ

 

C’est au début du 18e siècle que le club de Castres est né. Lors de la saison 1905-1906, les “petits gris”, surnom des joueurs du CO, se lancent dans le grand bain. Mais ce n’est qu’un an plus tard que leur premier match a lieu, et quoi de mieux qu’un derby face au Standard Club Toulousain. Malgré une défaite, ce match reste tout de même un moment important du club tarnais. 

Déjà à cette époque, des noms de l’effectif castrais s’inscrivent dans la légende du club. À l’image de Jean-Pierre-Gissot capitaine en 1909 et en 1910, ou bien encore Marcel Burgun, olympien entre 1912 et 1914 devenu international avec l'équipe de France. Mais quelques années plus tard, la Première Guerre mondiale marque brutalement l’arrêt des championnats et laisse tout à rebâtir après 1918. 

 

 

1921, un premier succès 

 

Avec la Grande Guerre, les clubs et le Castres Olympique perdent tragiquement de nombreux joueurs. Tout est donc à reconstruire, mais il ne faut que quelques petites années pour que les Tarnais s’offrent leur premier trophée. Après une finale perdue du Championnat du Tarn en 1911, Castres s’offre son tout premier titre après avoir remporté le Championnat des Pyrénées 2e série dix ans plus tard, en 1921. De quoi rendre un très bel hommage à ceux qui ont porté le maillot et qui ont perdu la vie quelques années auparavant.

 

1943, à la recherche de ses couleurs

 

Avant d’arborer leur traditionnel bleu et blanc, le Castres Olympique en a vu de toutes les couleurs, ou presque. À sa création, les premières couleurs du CO ont été le jaune et noir. La raison ? Le club voulait rendre hommage à la société locale “La Pédale Castraise”, une entreprise qui venait tout juste de connaître la disparition de sa section rugby. Mais en 1912, le club tarnais veut se moderniser après s’être fait connaître aux yeux du public. Les dirigeants ont l’idée de se moderniser, avec l’envie de porter des nouvelles couleurs : le mauve et le blanc. Or, cela ne va pas se passer comme prévu. 

Après une première rencontre avec ces maillots, le nettoyage va en décider autrement. Au premier lavage, le mauve se déteint laissant place à un maillot tout blanc. Problème, Castres doit affronter Albi quelques jours plus tard, qui jouait aussi en blanc à cette époque. Pour faire au mieux, le CO décide de faire appel au teinturier le plus proche qui n'avait d'autre couleur que du gris dans sa cuve. C’est donc de là que vient le surnom donné aux joueurs à l’époque, les “petits gris”. Mais c’est en 1943 que le bleu et blanc vont s’encrer dans la culture du Castres Olympique. Même si le CO va connaître quelques années plus tard un très court passe au rouge et noir, les mêmes couleurs que son rival et voisin du Stade Toulousain. 

 

 

1949, le premier Brennus 

 

Si le Castres Olympique est un des pionniers du TOP 14 aujourd’hui, ce n’est que 43 après sa création que le CO va décrocher son premier Bouclier de Brennus. Et pourtant, les Tarnais disputaient seulement leur première finale du championnat de France. En finale face au Stade Montois, Castres va compter sur son capitaine qui deviendra une figure du club : Jean Pierre-Antoine. Le seconde ligne va devenir le premier CO a soulever le bout de bois de la première division après prolongations (14-3), à l’issue de la saison 1948/1949. 

Un an plus tard, les Olympiens vont réaliser le doublé en remportant un second Bouclier de Brennus, cette fois face au Racing Club de France (11-8). Le nom de Jean Pierre-Antoine restera dans la légende, mais le club va connaître une accident tragique avec un de ses capitaines emblématiques en 1956. Pour lui rendre le plus beau des hommages, le Castres Olympique décide un an plus tard de renommer le stade à son nom.
 

1988, l’arrivée de Pierre-Fabre

 

Après ses deux premiers Brennus, le CO va connaître comme un coup de moins bien dû à une plus grosse concurrence dans le championnat et avec la mise en place d’une nouvelle formule dans le championnat avec les poules A et B entre 1973 et 1997. Mais l’arrivée d’un homme va faire revenir le Castres Olympique à son prime avec Pierre Fabre.

Grand homme du monde pharmaceutique et originaire de la ville, il devient propriétaire du club à partir de 1988 et son arrivée est déjà concluante dès cette même année avec le championnat de France de groupe B. Cette action va remettre le Castres Olympique parmi les meilleures équipes du pays. Cinq ans plus tard, son équipe remportera le troisième Bouclier de Brennus au Parc des Princes contre le FC Grenoble (14-11)

Après 1993, Pierre Fabre et le CO devront attendre 20 ans pour décrocher un nouveau bouclier. Alors que la première division entre dans une nouvelle ère avec le TOP 14, 2013 va être une année où Castres connaîtra des larmes de joie avec une quatrième Brennus décroché cette fois au Stade de France, face au RC Toulon (19-14). 

Seulement quelques semaines après la finale, ce sont des larmes de tristesse qui vont gagner l'Agout avec le décès de son mentor Pierre Fabre, des suites d’une longue maladie. Sa personnalité, son apport dans l’industrie pharmaceutique resteront gravés dans l’histoire castraise. Après sa disparition, le Castres Olympique va décider d’utiliser son nom pour son stade. Après Pierre-Antoine est venu le stade Pierre-Fabre.

 

 

2003, l’histoire du CO s’inscrit aussi à travers l’Europe

 

La grande histoire des Olympiens ne s’est seulement pas écrite à l’échelle nationale. A travers l’Europe, Castres a aussi voulu marquer son empreinte. En 2003, les Bleu et Blanc ont d’ailleurs remporté le Bouclier Européen, la plus petite compétition européenne professionnelle sur le continent. Ce trophée européen reste le seul d’ailleurs acquis par le CO, face à l’équipe galloise de Caerphilly (40-12).

Si Castres rêve d’une Champions Cup, les Tarnais ont un certain record qui sera difficile à battre. En effet, le match entre le Castres Olympique et le Munster Rugby est l’affiche qui s’est le plus de fois jouée en coupe d’Europe avec 21 affiches à travers 30 ans. La dernière en date, cette saison avec un exploit des joueurs tarnais sur la pelouse de Thomond Park, leur permettant de se qualifier pour la phase finale.

 

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2018, un exploit retentissant et un cinquième Brennus

 

Cinq ans après le Bouclier de Brennus sous l’ère du duo Laurent Travers et Laurent Labit, c’est en 2018 que le CO va savourer son dernier titre en date avec un manager qui connaît très bien le club : Christophe Urios, champion avec Castres en 1993. Arrivé en tant qu’entraîneur en 2015, la mayonnaise a eu du mal à prendre au début avant de rayonner sur la scène nationale. Lors de la saison 2017-2018, lui et son équipe se qualifient in-extremis pour la phase finale avec une sixième place à l’issue de la phase régulière.

Ne partant pas favori, Castres va déjouer tous les pronostics. Une victoire en barrage sur la pelouse du Stade Toulousain (11-23), un succès contre le Racing 92 en demi-finale (14-19) à Lyon, avant de réciter son jeu en finale contre le leader de la saison, le Montpellier HR. Une finale remportée haut la main (13-29), pour le dernier titre en date du Castres Olympique après un exploit : celui d’avoir terminé sixième et d’avoir remporté le championnat de France

 

Des joueurs, des capitaines, des emblèmes

 

À Castres, nombreuses sont les générations qui sont passées mais nombreux sont les joueurs qui ont marqué l’histoire du club. Si les premiers ont été évoqués des joueurs tels que Jean-Pierre Gissot, Marcel Burgun, Jean Pierre-Antoine, d’autres ont pris le relais pour devenir des légendes du club. Au 21ème siècle, comment ne pas citer des joueurs tels que Rodrigo Capo-Ortega, Romain Teulet, Rory Kockott ou plus récemment Julien Dumora et Mathieu Babillot, qui ont chacun passé plus de dix saisons au club.